| La fabrication du manteau de feutre
Le processus de fabrication du feutre repose sur un principe technique simple : une masse de fibres animales soumise à l’action de la chaleur, de l’humidité et du mouvement qui va les feutrer. La laine est lavée et ouverte, puis cardée à l’aide d’un arc ou d’un peigne métallique. Sur une natte sont posées plusieurs couches de laine cardées que l’on arrose avec de l’eau chaude ; la natte est roulée, posée dans une machine qui la bât, l’écrase, et la fait rouler sur elle-même. A la fin de cette opération, les fibres vont s’enchevêtrer. Le feutre va être plié et façonné en lui donnant la forme du manteau. Une nouvelle couche de laine cardée est posée sur la forme du manteau. La natte va être à nouveau roulée, et mise dans la machine jusqu’à obtenir une densité et solidité suffisantes. La natte déroulée, on met le manteau à sécher à l’air. Les ouvertures sont taillées avec un couteau. Le manteau pourra être porté. Ces manteaux de feutre sont durcis par des encollages successifs, revêtus de soie, souple, élastique et brillante, elle-même couverte de poudre de nacre. Sur cette surface blanche et réflective sont tracées des ombres au fusain, à la couleur et à l’encre de Chine. Le manteau de lumière va naître. De nombreuses légendes illustrent l’origine du feutre. Au V e siècle après J.-C., Attila, roi des Huns posait sur la croupe de son cheval une peau d’ours. A l’issue de ses chevauchées, les poils se transformaient en un tissu solide. La technique du feutrage était parfaitement maîtrisée en Asie avant cette époque. Une découverte dans les tombes scythes à Pazyryk en Altai, près de la Mongolie le prouve, au V e siècle avant J.-C. Des écrits chinois en 2300 avant J.-C, mentionnent aussi l’emploi du feutre. On raconte une autre légende : au temps du sultan Soliman le magnifique, son fils voulait créer un tissu nouveau, sans chaîne ni trame. Ses recherches demeurant sans résultat et ainsi désespéré, il trépigna en pleurant sur le tas de laine. Ce dernier se transforma à son grand étonnement en un tissu compact et solide. La technique du feutrage semble être très ancienne, il est possible que la domestication des moutons ait favorisé cette technique et le mode de vie nomade expliqué son maintien et son développement au cours des millénaires, en Europe, en Afrique en Amérique du Nord et du Sud et en Asie. Abraham Pincas
|